Le tirailleur sénégalais n'appréciait pas la tambouille de l'armée. Il y avait de quoi. Boîtes de singe par ci, rata par là, la brouchtoucaille est plutôt indigeste.
Alors il râlait. Tout le temps il râlait.
Pour une soupe trop salée, pour un pinard qui trouait les chaussettes, pour un riz collé au fond de la marmite, pour des patates brûlées.
Jusqu'à ce soir de réveillon ou l'on servit aux pauvres troufions restés de garde un vrai festin de Noël : bloc de foie gras, dinde aux marrons, bûche à la vanille, clairette. Et

le pinailleur s'est régalé.

EC