Prendre le rythme d'un autre, adopter les mots d'un autre, voir à travers ses yeux, mesurer de son aune, penser comme lui, c'est quelque chose qui arrive parfois naturellement à force d'immersion dans ses textes, mais c'est aussi un des exercices les plus enrichissants qui soient, et un de ceux que je préfère.
Je ne sais pas comment procédaient Proust, Reboux et Muller, Caradec et de nombreux autres pasticheurs, mais voilà comment je fais : je prends un texte au hasard dans l'œuvre de l'auteur que je veux pasticher et j'essaie d'exprimer ce que j'ai à dire (en général le contenu d'un autre poème) en me coulant dans la construction et la syntaxe de ce texte. C'est là qu'on voit comment la forme agit sur le contenu...
Les sujets sont le poème de Nerval « El desdichado » pour le Psaume et le Rabelais, les « vers à soie » de Roubaud pour Rémy Belleau, la Fontaine 2 et Bossuet, « Annan ou le destin de pierre » de le Tellier pour la Fontaine 1.