LA BERGÈRE ET LE VER A SOIE

Un ver filait. Perrette prit sa soie,
En robe se l’accommoda
Puis parmi ses pareils fière se panada,
Croyant être un grand personnage.
Quelqu’un la reconnut. La voilà bafouée
Bernée sifflée et trucidée,
Enterrée peu après avec sa belle robe.
Sur sa tombe pousse un mûrier
Où le ver d’un cocon s’englobe.

Vous auriez préféré qu’elle rencontre un prince ?
Encore eût-il fallu que pour elle il en pince.
Cendrillon parfois nous déçoit,
Et sa moralité peut paraître assez mince.
Il ne faut pas vivre pour soie.

EC

Réécriture, à l'occasion de Zazipo 2005, et à la manière de La Fontaine, d'un texte de Jacques Roubaud,«  les vers à soie », tité de Les animaux de tout le monde (Seghers).