Le Rondeau a un vers de moins que le sonnet, treize exactement 13, qu'on divise en 5 + 3 + 5. Surtout, il a deux particularités :
1) Il est construit sur seulement deux rimes, une féminine une masculine, arrangées comme suit : aabba aab aabba.
2) Il est rythmé par un petit refrain constitué des 1rs mots du poème. Ce petit refrain intervient 2 fois, la 1re sous le tercet c'est à dire le 8e vers du poème, la 2e sous le dernier vers du poème. Le rondeau est réussi quand on arrive à jouer sur la polysémie de ces petits mots là, qu'il faut donc choisir avec soin.
Le Rondeau est le plus souvent constitué d'octosyllabes ou de décasyllabes.
Le Rondeau redoublé ressemble d'assez loin au normal. Il a aussi deux rimes, mais 6 strophes de 4 vers (quatrains) à rimes croisées. Le rythme est donné par la répétition des vers de la 1re strophe : le 1er vers devient le dernier du second, le 2e le dernier du 3e, le 3e le dernier du 4e, et le 4e le dernier du 5e. Les 1rs mots du poème étant répétés en refrain à la fin du 6e.
Les rois du Rondeau ont vécu au XVIe siècle. Mais alors que le sonnet, qu'ils pratiquaient aussi, a connu une relance à l'époque du romantisme, ce ne fut jamais le cas du rondeau. D'après Alain Chevrier, c'est à cause du refrain, qui fait trop chanson populaire. Mais je trouve plus difficile de faire un rondeau qu'un sonnet... Quoi qu'il en soit, j'ai essayé de renouveler le genre en remplaçant la contrainte « rimes » par la contrainte « anagramme » dans Une boîte noire dans la Mer Rouge.